mardi 29 novembre 2022

ET SI ON SE DEMANDAIT À QUOI DEVRAIT SERVIR UN ÉQUIPEMENT SPORTIF DEMAIN ?

Le Salon des Maires et des Collectivités Locales s'est tenu avec beaucoup de succès cette semaine. 


On y a parlé sport et  activités physiques à de nombreuses reprises avec en toile de fond le plan 5000 Equipements piloté par l'Agence nationale du Sport et bien sûr la dynamique Terre de Jeux 2024 orchestrée elle, par Paris 2024 - Comité d'organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024.


Au sortir de ce Salon des Maires et des Collectivités Locales plusieurs déclarations des représentants de l'ANDES (Association Nationale des Élus en charge du Sport) ont attiré notre attention. 


Celle de Vincent SAULNIER signalée par Patrick Bayeux, , et celle de Patrick Appéré via un document très intéressant : "le guide des initiatives locales Terre de Jeux 2024"


Que nous dit-on ici ? 


En substance et de façon un peu réductrice on en convient, que l'objectif de construire, rénover, créer de nouveaux équipements de pratique sportive est un objectif que les collectivités territoriales souhaitent assumer (et on peut s'en réjouir) mais que le soutien financier de l'État ne serait pas à la hauteur des ambitions affichées et ce, dans un contexte de nécessaire sobriété énergétique et d'objectifs de développement durable (que l'on espère ambitieux également)...


Quelques éléments de réflexion sur ces nouvelles installations sportives et l'économie générale de leur conception :


- Quelle amplitude horaire permettra la nouvelle installation sportive ? Pourra-t-on l'utiliser aux heures plus fraiches en temps de canicule ?


- Comment l'installation sportive peut-elle devenir un lieu de rencontre local attractif pour une population au-delà des "sportifs" ? 


- Comment peut-elle faciliter les rencontres entre des groupes d'usagers et des activités organisées ?


- Comment peut-elle faciliter les rencontres entre des groupes d'usagers et des activités auto-organisées ?


- Comment peut-elle devenir un point de départ d'activités "outdoor" ? 


- Quelles activités pourraient avoir lieu à l'extérieur ? 

...


Peut-être convient-il également de penser à la manière dont on pourrait réfléchir ces nouvelles installations..


Il existe de nombreux bâtiments à la qualité de construction élevée qui sont détruits chaque année. Ces bâtiments en leur temps ont représenté un "investissement en CO2" très important, pourquoi ne pas en changer la destination plutôt que les détruire ? 


Un apport limité en matériaux, donc en consommation de CO 2 et le bâtiment peut avoir une nouvelle vie avec des fonctions et des utilisateurs complètement nouveaux, dont les pratiques sportives ce, à des coûts maitrisés et donc avec moins besoin de subventions de l'État.


Des exemples existent voir là.


C'est probablement aussi un moyen de prendre en compte la question de la santé mentale tout aussi importante que la santé physique de chacun d'entre nous. 


On en reparle très vite.

vendredi 18 novembre 2022

mardi 18 octobre 2022

IL VA RACONTER QUOI LE SPORT FRANÇAIS APRÈS LES J.O DE 2024 ?

Qu’est ce qui va se passer pour le sport français ?

Aujourd’hui, les institutions du sport ont une vision très courtermiste de l'avenir. 


Les JO de 2024 sont leur obsession, leur seul et unique horizon.


Comme beaucoup d’objectifs ambitieux ont été définis et beaucoup de promesses ont été faites, toutes les institutions sont sous tension.


Mais au lendemain des JO de Paris, ce monde sera globalement et forcément être déçu.


Le sport français va alors rentrer en dépression.


Le sport français va passer de la tension au vide.


Au vide, car aujourd'hui rien n'est fait pour préparer en terme de récits l'après 2024 


Rien n’est fait pour faire émerger de nouveaux récits.


Rien n’est fait pour faire émerger de nouveaux récits sportifs.


Rien n’est fait pour faire émerger de nouveaux récits sportifs post-olympique.


Et face à ce vide, le sport français va entrer dans une phase de dépression.


Et c'est pour éviter cette dépression, qu'il est urgent de s'interroger et de réfléchir sur l'après 2024 - là.


Et c'est pour éviter cette dépression, qu'il est urgent de s'interroger sur les futurs grands récits du sport - là.


Et c'est entre autres pour cela que nous organisons le 16 novembre prochain les 4° Rencontres de la Prospective Sportive ® autour de la question "Et si le sport devait s'inventer de nouveaux grands récits ?"

mercredi 28 septembre 2022

ET SI LE SPORT NE FAISAIT PLUS LE POIDS FACE AUX ÉCRANS ?


« Mon principal concurrent c’est le sommeil » disait il y a quelques années, le co-fondateur de Netflix, Reed Hastings


On eût préféré qu'il affirmât alors que la pratique sportive était son principal concurrent, mais non ! 


Le concurrent du "Binge-Watching" c'est le sommeil.


Si cela fait longtemps que Decathlon explique que son principale concurrent c'est Netflix, le petit monde institutionnel du sport a visiblement encore du mal à intégrer que ses concurrents pour capter l'attention des adolescents ont pour noms Netflix, mais également Tik Tok ou encore Instagram. Mais, et fort heureusement, il n'imagine pas une seconde que le sommeil pourrait être un concurrent à la pratique sportive et c'est tant mieux.


Reste que c'est inquiétant de constater que le sport n'est pas un concurrent éminent comme les autres secteurs d'activités pour capter l'attention des jeunes ou des moins jeunes. 


Au point d'ailleurs que, et il faut en prendre conscience, les marques de sport parlent d'autre chose que de sport quand elles veulent désormais s'adresser à la jeunesse : voir par exemple la dernière campagne de communication de Salomon pour présenter sa nouvelle identité de marque - .

Il y a quelques jours, l'excellent Patrick Bayeux nous suggérait la lecture du rapport de la Cour des comptes sur l’Agence nationale du sport - voir, .


Ce rapport est assez critique sur la déclinaison régionale au service du développement des pratiques sportives. Dans ce domaine, depuis plusieurs mois maintenant les régions travaillent sur leur “Diagnostic territorial du sport” qui se traduit (se traduira !) en un “Projet sportif territorial" - voir, .


L'ensemble est globalement d'une facture très classique et certains feraient de bons prétendants au podium s'il existait un championnat du monde du "copier-coller".


Ce qui est finalement étonnant avec ces documents, c'est que le petit monde institutionnel du sport ne s'envisage jamais en concurrence avec Netflix ou Tik Tok. Il ne se projette en aucune façon dans des stratégies de conquête de l'attention des adolescents ou des adultes. 


Le monde du sport ne cherche pas à faire évoluer ses récits, ses "propositions de valeur", sa manière d'être au monde. Il semble figé dans son modèle historique.


Il y a pourtant à dire et à faire...


C'est ce que nous nous essayerons de présenter le 16 Novembre prochain lors des Rencontres de la Prospective Sportive ® organisées autour de la question  "Et si le sport devait s'inventer de nouveaux grands récits ?"

vendredi 23 septembre 2022

ET SI ON ARRETAIT DE DIRE QUE LE SPORT EST UN MÉDICAMENT ?

Non le sport n'est pas un médicament et il ne le sera jamais quand bien même d'aucuns ou d'aucunes le prétendent - voir, .


Qui prend des médicaments par plaisir ?


Le sport ce devrait toujours être d'abord et avant tout du plaisir et ça l'est.


Il est inconséquent cet égarement collectif qui in fine laisse à penser qu'il suffit d'un médicament, i.e. le sport, pour régler un problème car à tout prendre est-ce qu'un petit cachet finalement ne serait pas encore plus simple ?


De même, on ne lutte pas contre la sédentarité en faisant du sport : en faisant du sport on lutte contre les effets délétères de la sédentarité et pas seulement en faisant du sport d'ailleurs n'importe quelle activité physique fait très bien l'affaire.


À titre d'exemple il faut regarder avec attention les propositions que Shusaku Arakawa et sa compagne Madeline Gins avaient faite il y a quelques années dans un projet qui avait pour titre "Architecture Against Death"


L'idée de départ est que si le logement sollicite physiquement les habitants ceux-ci vivront en meilleure santé donc de "lutteront contre la mort"...


Des sols bosselés, des espaces où tenir en équilibre demande un effort de contrôle physique, pour accéder aux vérandas, il faut s’abaisser ou ramper afin d’atteindre une petite porte, des passages intérieurs très étroits qui obligent les habitants à faire constamment des mouvements de flexion et d’extension., la chambre n'est accessible par une échelle de corde, bref une maison mettant en permanence ses habitants en situation d’activité physique.


Cela peut paraître excessif voire un peu coercitif, mais cela peut nous aider à réfléchir : comment lutter contre la sédentarité ? Contre l'inaction physique ? (qui sont deux choses différentes...) 


Il nous faudrait repenser la ville, l’entreprise, l’école, la maison  


Car si l'on se contente d'inciter vaguement à la pratique sportive en nous expliquant que le sport va nous "guérir" de leurs effets néfastes, cela revient à se focaliser sur les symptômes et donc à continuer d'ignorer le problème, ce qui n'est pas l'idée a priori !

mardi 13 septembre 2022

ET SI C'ÉTAIT PLUTÔT LE SPORT QUI NE VOULAIT PLUS DE NOS GAMINS ?

On croit communément que les gamins ne veulent majoritairement pas ou plus faire de sport - .

 

Mais ne serait-ce pas plutôt le sport qui ne veut pas d'eux ?


Il faut bien constater que lorsqu'on veut bien les écouter ces gamins, leur proposer des challenges qui leur plaisent dans lesquels ils peuvent s'exprimer, s'épanouir, prendre du plaisir avec leurs copines et leurs copains, rencontrer d'autres gamins de leur âge, on les voit, ils sont présents, appliqués, concentrés, prêts à donner le meilleur d'eux-même, à réussir ou à échouer mais toujours à persévérer, à recommencer pour s'améliorer, à revenir pour grandir, pour gagner.


La plus grande richesse d'un pays ce sont ses enfants.


Trop souvent encore le sport ne veut pas d'eux.


Il faut se réjouir que des initiatives comme celle de Ladji Doucouré et Matthieu Lahaye avec Golden Blocks, existent.


Ces initiatives nous rappellent que lorsque le sport veut bien se donner la peine d'engager le dialogue avec les associations locales il trouve le moyen de parler aux gamins.


Il fut un temps, pour partie révolu aujourd'hui, où les clubs de sport pouvaient se contenter de faire ce qu'ils ont toujours fait et les gamins poussés par leurs parents venaient presque naturellement. Il nous faut comprendre désormais que pour engager le dialogue avec les gamins il faut leur tendre la main, les écouter, les inviter, les séduire, les comprendre, leur dire : viens prendre du plaisir à faire du sport, jouer avec tes amis, viens !


Les grands récits du sport issus des années 60 - 70 sont en grande partie obsolètes, de nouveaux grands récits sont en train d'émerger, ce serait dommage que le monde institutionnel du sport regarde le train passer....


Nous en reparlerons beaucoup plus longuement le 16 novembre prochain lors des Rencontres de la Prospective Sportive ® organisées autour de la question  "Et si le sport devait s'inventer de nouveaux grands récits ?"