On ne saurait trop vous conseiller la lecture régulière de la newsletter Objets d'attention • Punktional de Mathilde Maitre.
Cette semaine, elle nous parle des boîtes, des emballages, singulièrement ceux d’Apple - voir, là.
Nombre d'entre nous en ont fait l'expérience : à chaque fois, une promesse, une certaine idée de la qualité qui nous attend.
L'emballage est un seuil. La qualité commence avant l'usage, au moment où ce seuil se franchit.
Apple l'a compris, qui ne conçoit pas d'abord un produit mais une approche, une perception, un écrin.
Le glissement sémantique de la boîte à l'écrin (quand bien même l'écrin reste de carton) dit tout : un saut qualitatif dans la promesse de ce qui va advenir.
Qu'est-ce que cela veut dire pour un monde du sport qui aspire à ce que toujours plus de personnes en franchissent le seuil ?
Il ressemble à quoi, aujourd'hui, ce seuil du sport en France ?
À un anti-emballage.
Plus une frontière qu'un seuil : un formulaire Cerfa, un certificat médical, une photo d'identité, un virement.
On n'entre pas dans le sport, on entre dans une administration.
Que promet ce seuil ?
Essentiellement du fonctionnel : un planning, un tarif, un lieu, un encadrement, des règles.
Rien qui ne prépare à ce qui va advenir.
Un seuil, pourtant, c'est autre chose.
Un entre-deux où l'on n'est plus tout à fait dehors, pas encore tout à fait dedans, et où quelque chose vous dit que le passage mérite d'être vécu.
Que ce qui est au-delà a de la valeur.
Que chacun y trouvera à s'épanouir dans une expérience à nulle autre pareille.
Que votre venue compte pour celles et ceux qui vous attendent et que vous comptez, surtout, pour eux.
Le mouvement sportif n'a pas besoin de boîtes blanches. Il a besoin de seuils.
La vraie question n'est peut-être pas «comment faire entrer plus de gens dans le sport».
Elle est probablement : « comment faire en sorte que l'entrée signifie quelque chose ? »


