mercredi 10 février 2021

POURQUOI LE SPORT EN VILLE EST-IL AUSSI PEU IMAGINATIF ?

Ce sont quoi les espaces de sports en ville aujourd'hui ?

Ce sont des stades, des piscines, des gymnases.

Ce sont des salles de sport, et donc des usine à transpiration et gonflette. 

Ce sont des parcs et des trottoirs mal pensés pour le jogging ou le skate.

Et puis, globalement c'est tout.

C'est donc pas grand chose.

C'est pas très nouveau (à part le skate park, les grecs avaient déjà tout inventé !!!)

Et, surtout, c'est pas très excitant.

Clairement l'espace public urbain n'est ni prévu ni pensé pour et autour du sport - voir "Sauf que t'as pas le droit ... "

Bref si dans une grande ville, vous voulez faire un sport un peu différent dans des conditions un peu spéciales (genre du VTT la nuit, de l'escalade sur glace à midi, du kayak au petit matin ...), il n'y a rien.

Et après, on s'étonne que les jeunes décrochent du sport.

Et après, on s'étonne que la sédentarité ou l'obésité augmentent. 

Mais on continue à faire et à proposer les mêmes activités et les mêmes lieux depuis des décennies, et on invente rien de nouveau.

Question : il est où le truc sportif nouveau et surprenant à Paris ??? Heuuu ...

Il est où le nouveau espace sportif totalement disruptif qui permettrait de faire toutes les activités que les marques out-door comme North Face ou Salomon ne cessent de nous vanter dans leur communication ? 

Cherchez pas, il n'y en a pas !!! 


Et si on essayait juste d'imaginer à quoi pourrait ressembler un stade d'un nouveau genre qui pourrait par exemple proposer les activités montagnardes promues par une marque comme North Face ?

Il faut évidemment imaginer dans ces bâtiments de multiples activités (ski, escalades, VTT, plongeon,  descente de kayak ...) 

Ci-dessous deux possibilités de stades d'un nouveau genre qui pourraient être réalisés par des marques comme North Face ou Salomon si celles-ci se montraient à la hauteur de leurs promesses marketing actuelles ("Never stop exploring" pour la première, "Time to play" pour la seconde)


Et pour rester sur le secteur de la montagne, il y a évidemment plein de choses nouvelles à inventer - voir, entre autres,  ou  par exemple.

Et c'est très probablement avec ce genre d'installations qui n'ont de stade que le nom, que l'on ramènera peut être enfin les gamins vers le sport donc l'école les a dégouté, qui se foutent de la compétition et qui s'éclatent avec les jeux vidéos.

Quand on voit que la voiture peut devenir un mur d'escalade, on a du mal à se dire qu'il est impossible d'inventer de nouveaux lieux sportifs au coeur des villes.

On y reviendra le 24 juin prochain.

lundi 8 février 2021

ET SI DEMAIN, LE ROLLERSKI DEVENAIT UN TRANS-SPORT® À PART ENTIÈRE ?

 

Dans la lignée du précédent post -  -, trois photos de rollerski pour prolonger la réflexion sur la façon dont certains sports associés traditionnellement à la montagne, peuvent nous aider à repenser nos pratiques mobiles dans les années à venir.

On est avec ces images au croisement de deux types de réflexions.

L'une concernant les conséquence du réchauffement climatique pour penser la mobilité demain :
- "Et si demain, le ski n'était plus associé à la neige ?"

L'autre concernant le rôle du trans-sport ® pour penser la route demain :
- "Et si nous assistions à l'émergence d'un trans-sport ® de longue distance ?"
- "Trois corps, trois prothèses"

Cela rejoint aussi les réflexions engagées dans le cadre de notre "No Motor Project".

jeudi 4 février 2021

ET SI KILIAN JORNET DEVENAIT UN MODÈLE POUR PENSER DEMAIN ?

C'est juste une hypothèse.

Une hypothèse très radicale, certes, mais qui ne sort pas de nulle part non plus.

En effet, ...

En effet, si on pose :
- que l'outdoor va devenir un des grands imaginaires urbains - .
- que les marques d'outdoor peuvent devenir des acteurs politiques - .
- que des événement comme l'UTMB pourraient nous aider à penser la mobilité urbaine - .

Et si parallèlement, on fait les constats :
- que la montagne peut nous aider à penser la ville - .
- que les trails irriguent déjà les imaginaires de la mobilité urbaine - .
- que le trail nous aident à penser nos tenues de nomades urbains - .

Alors ...

Alors pourquoi ne pas prendre un trailer ultra-connu comme modèle pour penser la mobilité urbaine du futur  ?

Et pourquoi dans ce cas ne pas prendre le plus connu et le plus respecté d’entre eux, Kilian Jornet, comme modèle pour imaginer la mobilité vertueuse et écologique du XXI° siècle ?

Il sait définir une vision mobile originale.

Il est capable de parler de sportivité, de frugalité, de légèreté ... et de silence - voir "Summits of my Life".

K. Jornet est donc capable de parler des grandes valeurs qui devraient irriguer les imaginaires urbains et mobiles dans les décennies à venir.

Il démontre régulièrement que l'on peut se déplacer sur de longues, voir très longues distances sans moteur si on accepte de s'y préparer et de se mettre dans l'état d'esprit pour le faire - voir, .

Et, enfin, il sait comment expliquer la préparation qu'il faut faire pour entrainer nos corps à de nouvelles pratiques mobiles fondées sur l'effort, le dépassement et le plaisir - voir, "Up"

Bref il est capable à lui tout seul de renverser les grilles de lectures traditionnelles des mobilités urbaines et de susciter un modèle désirable fondée sur de nouveaux choix.

Et si on réfléchissait dorénavant autour de ces alternatives ?

Voir à ce sujet "Et si on profitait de la Covid pour démécaniser nos montagnes ?"

lundi 1 février 2021

ET SI LA COVID ACCÉLERAIT LA MUTATION DES MOBILITÉS MONTAGNARDES ?

Et si grâce à la Covid et à la fermeture des remontées mécaniques, nous entrions dans la quatrième révolution de la montagne ?

Et si nous devions - enfin - passer d'une montagne dominée par la mécanique et le moteur depuis le milieu du XX° siècle à une montagne dominée par les mobilités actives et sportives ?

mardi 26 janvier 2021

ET SI ON CONFIAIT LA GESTION DES FEUX ROUGE À ADIDAS ?

 

Maintenant qu'il est évident que les villes soient devenues de stades .

Maintenant que les courses nocturnes se banalisent -  ou .

Maintenant que l'on connait de mieux en mieux les parcours des coureurs dans les villes - 

Maintenant que l'on tente d'élargir la notion de transport à celle de trans-sport ®.

Maintenant que l'on tente d'élargir la notion de mobilité à celle de motri-cité ®.

Maintenant que certaines villes recherchent un "active transportation street designer". 

Bref maintenant que les choses bougent, ne serait-il pas - enfin - temps de réfléchir à la signalétique urbaine sous le prisme du sportif ?

C'est ce que nous proposions déjà dans notre précédent post "Et si on confiait à Nike l'aménagement de nos rues ?"

Et dans ce cadre, pourquoi ne pas imaginer qu'à certains moments de la journée, les feux ne soient pas réglés pour faciliter la circulation automobile, mais au contraire pour faciliter la mobilité sportive ?

Paris, les feux sont calés pour laisser passer de façon prioritaire les tramways, pourquoi ne le ferait-on pas pour ceux qui ont une mobilité active ?

Cela pourrait notamment faciliter le développement du run commuting - .

Aujourd'hui les techniques existent pour développer cette approche.

La preuve avec la "Green Light Run" organisée par Adidas à Tokyo en 2017 et qui a consisté à organiser un marathon nocturne sans jamais bloquer la voie publique !!! 

Via un système connecté en temps direct, les feux passaient au rouge pour arrêter les voitures et ainsi laisser passer les coureurs. Ceux-ci ont pu parcourir leurs 42,195 km sans jamais s'arrêter !!! voir les détails, .

Reste à trouver une équipe municipale qui aura le courage de mettre en place dans un premier temps une telle expérimentation avec des groupes de coureurs, puis ensuite à l'installer de façon pérenne.

Sur ce sujet de l'intérêt d'intégrer la course à pied dans la politique des villes, voir "Et si la courrabilité devenait un critère d'analyse urbaine ?"

lundi 25 janvier 2021

ET SI ON CONFIAIT À NIKE L'AMÉNAGEMENT DE NOS RUES ?

Tu aimerais bien pouvoir jouer au frisbee dans la rue ... sauf que t'as pas le droit, car tu pourrais blesser quelqu'un.

Tu aimerais bien pouvoir courir et sauter comme un dingue dans la rue ... sauf que t'as pas le droit, car les rues n'ont pas été pensées pour cela.

Tu aimerais pouvoir sauter entre les bâtiments ou sur les échafaudages ... sauf que t'as pas le droit car c'est privé et que c'est dangereux.

Tu aimerais bien pouvoir jouer au tennis dans la rue ... sauf que t'as pas le droit car une de tes balles risque de casser une vitrine.

Tu aimerais pouvoir faire le con avec ton BMX dans les recoins sans voiture de ta ville .. sauf que t'as pas le droit car tu risques de bousculer une vieille

Bref, t'aimerais bien que ta ville elle ressemble à la promesse fait par Nike en Chine - 
 -, en Inde -  -, en Corée -  - ou dans les pays arabes -  -, c'est à dire que ta ville devienne vraiment un terrain de jeux dans lequel tu pourrais faire plein d'activités sportives librement, quand tu veux, comme tu veux et avec qui tu veux.

Ben oui, t'aimerais que ta ville permette de développer une véritable mobilité active.

Ben oui... mais, non.

La ville et les rues ne sont pas faites pour toi.

Les villes et les rues sont faites pour les piétons connectés, les cyclistes pépères, les motards speedés et les automobilistes impatients, mais pas pour toi avec ton short, tes baskets et tes raquettes...

D'ou notre question : et si on confiait à Nike l'aménagement de nos rues ? 

jeudi 21 janvier 2021

ET SI ON RÉINVENTAIT LE PENTATHLON POUR PENSER LA VILLE AUTREMENT ?

Faire de la prospective, c'est essayer de décaler les regards.

Faire de la prospective, c'est croiser des sujets et des approches très éloignées les unes de autres.

Faire de la prospective, c'est prendre un sujet, décider qu'il est dépassé et qu'il faut lui inventer un nouvel avenir.

C'est ce que nous tentons de faire dans ce post.

Le sujet, c'est le pentathlon moderne.

L'approche décalée, c'est la ville et ses façons de s'y déplacer.

Pourquoi le Pentathlon moderne ? 

Car ce sport qui regroupe cinq épreuves  - l’équitation, l’escrime, le tir, la natation et la course à pieds - a été crée par Pierre de Coubertin par référence à ce que devait pouvoir faire un soldat idéal à la fin du XIX° siècle.

La question posée est toute simple : si aujourd’hui on devait réinventer le pentathlon moderne, quelles seraient les épreuves qui devraient être retenues par référence à un soldat idéal du XXI° siècle ?

Sur ce nouveau mix d’épreuves, plusieurs remarques.

- Les remarques concernant directement les épreuves proposées

Comme le soulignait Patrick Roult en 2017 «le ministère français des sports, refuse pour le moment au crossfit, au parkour et au MMA une reconnaissance comme discipline sportive, de même ce n'est pas dans le giron du ministère des Sports que le eSport se structure en France, de fait ces 5 épreuves ne sont aujourd'hui pas considérées comme du sport !!
Et ce alors même que le Comité Olympique d'Asie vient d'annoncer qu'il y aurait des épreuves de d'eSport aux prochains "Asian Games"  (voir, et que la Fédération Internationale de Gymnastique réfléchit sérieusement à introduire une épreuve de Parkour dans son programme de compétition des JO de Tokyo en 2020 (voir, )"

Un manque de reconnaissance des pouvoirs publics français qui cependant évolue ce d'autant plus que ces pratiques "sportives" sont aujourd'hui très valorisées par un nouvel univers sportif en pleine croissance, celui des stages commandos d'inspiration militaire. Le phénomène apparu depuis une dizaine d'années aux Etats-Unis est, en effet, en pleine croissance actuellement en France, voir « Les Français en mode commando ». 

Un peu comme si la suppression du service militaire et la hausse de la menace terroriste avaient incité les Français (mais pas qu'eux) à s'intéresser de nouveau à la chose militaire, mais avec des références totalement nouvelles, celle des troupes d'élites.


- Les remarques concernant les nouvelles techniques militaires

Dans les épreuves que propose P. Roult, on reconnait cette mutation des imaginaires guerrier avec des épreuves directement inspirées de la nouvelle panoplie des troupes d’élite qui associe combat rapproché et maitrise des nouvelles technologies (le drone, la réalité virtuelle

Un imaginaire des troupes d’élites qui est en forte hausse depuis quelques années du fait de la nature des combats qui les met particulièrement en avant (voir, ) mais aussi au poids toujours plus important des jeux vidéo, et notamment de séries comme Call of Duty ou Ghost Recon qui déteignent sur la façon de penser le rôle du soldat. 

Le sociologue spécialisé dans les jeux vidéo Laurent Trémel rappelait récemment « Il y a aujourd’hui une ludicisation de la chose guerrière. D’un côté, la population est coupée des réalités militaires en raison de la professionnalisation des armées, et de l’autre, on lui présente les forces spéciales et leur matériel high-tech comme quelque chose de sexy, désirable. C’est une façon de fabriquer un mouvement d’esthétisation de la guerre qui contribue à en faire oublier la réalité » A ce sujet, voir "2 jeux / 2 guerres / 2 corps / 2 villes".


- Les remarques concernent notre façon de penser la ville et ses mobilités

A travers ce pentathlon moderne pourrait ainsi se dessiner une nouvelle façon façon de penser la mobilité urbaine.

Avec le pentathlon réinventé, non seulement je me déplace sportivement car « je suis en forme et je veux le rester", mais je démultiplie mon champs d’action et de vision pour penser et vivre ma mobilité et ma ville autrement.

- Avec le drone, mon corps prend une autre dimension car il voit plus loin et autrement - voir, "le drone, nouvelle prothèse de l'homme connecté ?"

- Avec le virtuel, la rue prend une autre dimension car j’y vois des choses invisibles à l’oeil nu mais pourtant bien réelles - voir, "c'est quoi un piéton connecté demain ?"

A partir de là on peut se demander si les épreuves de ce pentathlon réinventé ne devraient pas se dérouler dans une ville, plutôt que dans une enceinte sportive.

La ville est devenue un terrain de course depuis le milieu des années 70 avec Nike (), un terrain d’aventures extrêmes depuis le début des années 2000 avec Red Bull (), il serait peut être temps qu’elle devienne le terrain de jeu d’une nouvelle mobilité sportive multi-facettes et multi-modes pensées autour de l’individu mobile connecté et en phase avec les nouvelles technologies (drone, jeux vidéo ...).

On retrouverait alors l’esprit d’origine du pentathlon - celui de un athlète complet capable de gérer toutes les techniques de la mobilité - et ainsi un nouveau terrain d'expérimentation pour penser la mobilité et la ville de demain.