lundi 29 avril 2024

ET SI SUR LE MARCHÉ DES VIEUX, LE MONDE DU SPORT N'ÉTAIT PAS À LA HAUTEUR ?

Les récits font évoluer nos imaginaires.


Nos imaginaires changent nos récits d'être au monde.


C'est la raison pour laquelle, au sein du Prospective Sport Lab ® nous nous intéressons aux récits en nous posant régulièrement la question de : "Quel nouveau récit pour le sport ?" et nous nous interrogeons également à propos des nouveaux imaginaires sportifs.


Le récit du Sport-Santé " porté avec force en France, y compris par les politiques publiques, est désormais un incontournable du paysage (du paysage sportif !) et les imaginaires sportifs s'en sont emparés. S'il a, ici ou là, une efficacité relative, quand on passe à l'échelle (comme disent les spécialistes) force est de constater qu'il reste à ce jour totalement vain.


Pour autant, il a préparé le terrain de nos imaginaires à un nouveau récit, beaucoup plus puissant celui-là parce que porteur d'un marché infiniment plus lucratif celui de ce qu'il nous faut appeler désormais « Reverse Aging » 


On nous annonce un marché colossal car l'idée de ne pas devenir vieux malgré l'âge qui avance, l'idée d'une éternelle jeunesse, l'idée même de faire disparaître la mort (si si vous avez bien lu) sont des idées porteuses en ces temps incertains.


On retrouve ici ce que les transhumanistes nous promettaient il y quelques années encore, ils reviennent sur le devant de la scène, masqués, mais déterminés à gagner beaucoup d'argent sur notre dos...


On ne compte plus les articles médico-scientifiques (ou pseudo-scientifiques...) sur ces sujets.


Du côté de l'Univeristy go Cambridge, voir Can we add more life to our years ?


Du côté de la Harvard Medical School , voir More évidence that aging might be reversible.


Les milliardaires de la tech dépensent sans compter et ont leur champion en la personne de Bryan Johnson qui nous dit-on, grâce à sa routine à 2 millions de dollars par an, rajeunit à vue d'oeil et veut rendre la mort optionnelle - voir Bryan Johnson, the tech fouler pendions millions to be 18 again, says mis goal is to make death optional.


Des grandes marques, puissantes, issues du monde du luxe investissent massivement dans le "reverse-aging", il est tellement plus facile de piquer du fric aux plus riches... 


On notera d'ailleurs que Dior a pris une longueur d'avance sur ses concurrents du luxe avec son centre de recherche scientifique dédié, qui nous annonce : "Les découvertes récentes dans le domaine de la longévité sont parmi les plus rapides et les plus prometteuses de la science aujourd’hui."


Le monde du sport aura-t-il une place dans ce marché des vieux qui ne veulent pas vieillir que les industries du luxe et de la santé sont en train de préempter ?


On en reparle lors des 3e Rencontres Sport / Equipement / Stratégie ® qui auront le 6 juin prochain autour de la question : "C'est quoi demain les vieux, dans le business du sport ?"

dimanche 24 mars 2024

ET SI DEMAIN, LES MARQUES DE SPORT PERDAIENT LE MARCHÉ DES VIEUX ?

Et si demain, à force d'ignorer les vieux, les grandes marques de sport se faisaient remplacer par des acteurs beaucoup plus puissants sur un marché des sports qui ne va cesser de croitre ?


C’est la question que nous posons ici.


Rappel de quelques faits.


En février 2023, le Haut Commissariat au Plan publiait une note stratégique intitulée « Vieillissement de la société française : réalité et conséquences » : : « Le vieillissement de la population française va entraîner des conséquences de grande ampleur ».


Deux manières de regarder ce vieillissement sont l'oeuvre :


- D'un côté, ce que nous dit Kantar en 2018 par exemple : "Depuis plusieurs années maintenant, les marques et distributeurs mettent l’emphase sur les Millennials. À tel point qu’elles en oublient une autre catégorie de consommateurs, pourtant elle aussi porteuse, les Seniors. " 


- À l'opposé, la loi pour "bâtir la société du bien vieillir en France" qui est en cours d'examen  et qui a franchi une étape décisive après l'adoption en commission mixte paritaire le 19 mars dernier d'un texte commun aux députés et aux sénateurs. 


Cette loi est centrée sur la dépendance et donc la médicalisation de la vieillesse, traitant de manière assez systématique le vieillissement comme n'étant qu'un problème à régler et jamais, comme un opportunité pour la nation et par les mesures ou ajustements législatifs proposés n'envisageant la gestion du vieillissement que sous des aspects strictement médicaux et un peu médico-sociaux. Certes et on rejoint en cela Kantar, c'est un marché florissant et il y a des affaires à faire, mais la perspective est un peu courte.


Sommes-nous donc condamnés à n'être que des patients ?


À l'évidence il y à faire pour que nous nous occupions de notre bien vieillir et l'activité physique qui peut être sportive est une clé qui permet de reculer l'éventualité de la dépendance.


Le monde du sport (et ses marques emblématiques), tout à ses objectifs olympiques s'intéresse aux gamins et peu, à quelques exceptions près des fédérations affinitaires ou omnisports particulièrement et un peu Nike, et se désintéresse du bien vieillir de celles ou ceux qui parfois furent ses licenciés ou consommateurs. 


C'est ballot parce que d'autres, et des plus puissants vont s'en occuper pour médicaliser et monopoliser le terrain... 


Et ce, nonobstant les évolutions récentes de l'organisation d'APS en centres médico-sociaux - là.


On y reviendra le jeudi 6 juin prochain lors des troisièmes Rencontres Sport / Equipement / Stratégie ® qui auront pour thème "C'est quoi demain les vieux, dans le business du sport ?" 

jeudi 21 mars 2024

C'EST QUOI VIEILLIR ?

C'est quoi vieillir ?


Juste une question d'envie et de rythme ? 


Voir : A Marathon at Age 81 ? Why Not ?


On en reparlera le jeudi 6 juin prochain lors des troisièmes Rencontres Sport / Equipement / Stratégie ® qui auront pour thème "C'est quoi demain les vieux, dans le business du sport ?"

mardi 19 mars 2024

C'EST QUOI DEMAIN LES VIEUX DANS LE BUSINESS DU SPORT ?

 

Les troisièmes Rencontres Sport / Equipement / Stratégie ® auront pour thème "C'est quoi demain les vieux, dans le business du sport ?"

Ces troisièmes Rencontres S/E/S ® se dérouleront le jeudi 6 juin de 8h30 à 13h00 au Petit Bain.

On vous en dit beaucoup plus très vite.

Pour vous inscrire, il suffit d'envoyer un mail à francois.bellanger@gmail.com en disant "Je viens".

mercredi 28 février 2024

C'EST QUOI LA FIGURE DU SPORTIF DEMAIN ? ÉLÈVE ? PATIENT ? FIDÈLE ?

Lorsqu'on parle de développement des pratiques physiques ou sportives, on évoque de façon régulière depuis des dizaines d'années maintenant, et particulièrement, à nouveau depuis quelques années, l'école et donc les élèves. 


Il s'agit de transformer l’élève en une sportive ou un sportif ou à tout le moins, en une ou un élève actif physiquement.


À l'évidence, on n'y arrive pas puisque depuis de nombreuses années également, à grand renfort d'études, de rapports ou de cris d'alarme, on nous explique que les élèves ne font pas assez d’activités physiques ou de sport et que cela nuit gravement à leur santé.


Reste que, et c'est l’INJEP qui nous le dit là, vers l'âge de dix ans, il y a plus de licences sportives que de petits garçons dans la population française, je ne sais pas si l'école joue un rôle dans cette situation, mais à l'évidence, en plus de l'école, une grande majorité de gamins fait du sport en club.


Or donc, et depuis quelques années également, puisque nous sommes en mauvaise santé parce que l'école faillit à nous faire faire du sport, les médecins se sont emparés du problème, et il faut bien le dire lors des réunions sur ce sujet, on entend de plus en plus parler de "patient" à propos de développement des pratiques physiques ou sportives. 


Certes les spécialistes qui parlent de "patients" se reprennent vitre pour préciser "personnes" mais le vocable "patient" s'installe régulièrement dans le paysage de sport. Or on peut penser que quand bien même quelqu'un ne ferait pas de sport, qu'il n'en deviendrait pas nécessairement pour autant un "patient".


Récemment, et c'est une résurgence de temps plus anciens où les patronages faisaient face aux amicales laïques, on a vu apparaître une nouvelle appellation : le "fidèle", marquant ainsi le grand retour du religieux sur la scène sportive (voir, là et là). Faut-il se questionner à ce sujet ?


Entre l'élève, public captif s'il en est, dépendant d'un maître, le "patient", public dépendant d'une science qui le domine (pour son bien) et le "fidèle", public soumis de son plein gré, à une croyance et donc à des clercs, on peut s'interroger sur ces stratégies de développer la pratique sportive par l'injonction et la soumission.


Il semble que la pratique sportive est surtout et avant tout, affaire de liberté individuelle, ce truc qui souvent gène les pouvoirs quels qu'ils soient et qu'insidieusement parfois on essaye de restreindre, pour notre bien, bien sûr !


Cultiver, renforcer, éduquer à la liberté, une autre manière de faire des politiques publiques de développement des pratiques physiques ou sportives ?


C'est un des nombreuses questions que nous aborderons le 13 mars prochain lors des septièmes Rencontres de la Prospective Sportive ® organisées autour de la question "Et si demain les religions changeaient le sport ?"

mardi 13 février 2024

ET SI LE SPORT DEVAIT CHANGER DE SYSTEME RELIGIEUX ?

Au sein du de Prospective Sport Lab ®  nous travaillons entre autres sur la question des futurs grands récits du sport, et notamment sur la façon dont les croyances religieuses pourraient inventer de nouveaux grands récits sportifs.


Cette réflexion vient du constat évident que les grands récits qui ont accompagné le sport au XX° siècle ne fonctionnent plus.


Il était évidement tentant dans le cadre de cette démarche de s’intéresser au religieux.


Car les religions sont depuis des millénaires les plus grands émetteurs de récits.


Ce qui fait même dire à certains que "toutes les religions sont des fictions".


Toutes les religions ont du raconter de belles histoires pour séduire.


D’où notre question : les grands systèmes religieux peuvent-ils nous aider à penser les grands récits sportifs du futur ?


Nous avons tenté de répondre ci-dessous. 


C'est un premier jet qui mérite bien évidement d'être affiné.


Le sport lors de sa création à la fin du XIX° s’assimilerait à une religion monothéiste.


- Un dieu : l’athlète.

- Un temple : le stade.

- Un idéal : la victoire.

- Un système : les fédérations.


C'était le système dominant jusqu'au début des années 70.


A la fin du XX° siècle, avec l’explosion des pratiques libres, le sport s’assimilerait à une religion polythéiste.


- Il n’y a plus un dieu, mais plusieurs dieux (du champion à l'amateur).

- Il n’y a plus un temple, mais une multitude. On peut pratiquer partout.

- Un idéal : la participation et le jeu. 

- Un système : les grandes marques commerciales.


C'est le système dominant actuel, mais que si cherche de nouvelles références et de nouvelles promesses.


Notre hypothèse est que la catastrophe écologique va obliger le sport à se réinventer et à repenser ses finalités autour d'un nouveau grand récit.


Le sport qui s'est pensé jusque-là autour du salut de l'homme, pourrait se penser dorénavant autour du salut du vivant, de tout le vivant - là.


Le sport deviendrait alors animiste.


- L’homme ne sera plus au centre de tout, il ne sera qu’un élément du vivant.

- La nature a remplacé le temple.

- L’idéal : pratiquer sans abimer le vivant.

- Le système : à construire ...


Cette réflexion se fait dans cadre de la préparation des prochaines Rencontres de la Prospective Sportive ® qui auront lieu le 13 mars prochain autour de la question "Et si demain les religions changeaient le sport ?"

dimanche 11 février 2024

C’EST QUOI DEMAIN L’INCARNATION DANS LE SPORT ?

L’incarnation est au coeur de nos imaginaires occidentaux.


Ce concept éminemment théologique, est fondateur pour le christianisme le : "ceci est mon corps ».


Il l'est aussi pour la République qui naissante s'incarnait déjà en une Marianne qui ne nous a pas quitté depuis.


L’incarnation a pris une place centrale également dans le sport, à la fois au sens propre : on s'entraîne pour façonner son corps, le muscler, le préparer à l'épreuve sportive mais également au sens figuré : le corps performant de la sportive ou du sportif incarne un modèle, un idéal, un culte parfois. 


L'athlète par son corps qui vient régulièrement dépasser des frontières dont on doutait qu'un jour un humain soit capable de les franchir, incarne une manière d'avant-garde de l'espèce humaine, conquérants de l'inutile diront certains.


L'émergence massive sur la scène sportive internationale des pays du Moyen-Orient ou d'Asie : Arabie Saoudite, Inde ou Indonésie par exemple, va peut-être venir bouleverser nos imaginaires sportifs.


Nous nous étions déjà posé de nombreuses questions lors des dernières Rencontres de la Prospective Sportive ® : "Et si le Sport se réinventait ailleurs qu'en Occident ?" comme par exemple est-ce que ce sont les pays d'Asie qui s'occidentalisent via le sport ou est-ce que le sport majoritairement occidental évolue au contact d'autres cultures ? 


Que sera l'influence de l'arrivée sur le devant de la scène de pays où la religion musulmane est soit majoritaire soit très pratiquée sur nos imaginaires sportifs ? 


Quel sera l'influence d'imaginaires pour lesquels l’incarnation ne fait pas sens sur le sport occidental ?


Lorsque "ceci est mon corps" ne signifie plus rien, que devient "ceci est mon sport" ?


Nous y réfléchirons lors des prochaines Rencontres de la Prospective Sportive ® qui se tiendront comme d'habitude au Petit Bain à Paris le 13 mars prochain de 8h30 à 12h30 et auront pour thème : "Et si demain, les religions changeaient le sport ?"


C'est toujours gratuit, mais il faut s'inscrire en envoyant "je viens" avec vos nom et prénom à francois.bellanger@gmail.com