Le sport, le luxe et la pharmacie convergent depuis plusieurs années.
- On le voit dans les clubs. Equinox propose un programme à 40 000 $ par an. Ce n’est plus un abonnement de fitness, c’est un bilan de 100 biomarqueurs, un protocole hormonal, des perfusions de NAD+.
- On le voit dans les objets. ÕURA, l’anneau utilisé dans des centaines d’essais cliniques, devient un bijou Gucci en or 18 carats.
- On le voit dans les investissements. LVMH mise sur Therabody, et la récupération sportive entre dans les spas Dior.
Le diagnostic médical, le geste sportif et le luxe cessent d’être trois mondes séparés (l'ont-ils jamais été ?).
Les agonistes de GLP-1 accélèrent encore ce mouvement.
Ces médicaments, conçus pour la perte de poids, provoquent une fonte musculaire significative.
La réponse de l’industrie n’est pas venue du sport.
Elle est venue du laboratoire. Des chercheurs travaillent sur des molécules capables d’activer les cellules souches musculaires en parallèle du traitement. Le coach ne prépare plus une performance, il gère les dommages collatéraux d’une chimie qu’il n’a pas prescrite.
Les Enhanced Games, ces compétitions qui assument le dopage, ne sont donc pas une anomalie venue de nulle part.
Ils sont la pointe visible d’un système déjà en place.
Ce que les cliniques de longévité font discrètement pour des clients fortunés, cachés derrière le concept de healthspam : la durée de vie en bonne santé, les Enhanced Games le font publiquement, sous les projecteurs, avec un chronomètre.
Et si finalement le dopage devenait désirable aux yeux du plus grand nombre par l'exposition, indécente certes (et non dénuée d'une certaine vulgarité), mais quasi-permanente, de la vie des plus fortunés, par les médias grand public : TV, presse...
