vendredi 1 mai 2026

ET SI DEMAIN, IL FALLAIT DISPARAITRE DES ÉCRANS ?

La Barkley Marathons vient de prendre une décision radicale.


À partir de 2027, plus aucune communication pendant la course. 


Pas de suivi en direct, pas de médias, pas de tweets, les résultats resteront secrets un mois entier après la fin de la course.


Un caprice de Lazarus Lake ?


Plutôt le symptôme d'un basculement.


Ce que nous au sein du PSL® avons théorisé sous le nom de «furtivité sportive».


Sa thèse : l'hyper-visibilité (GPS, Strava, capteurs, storytelling permanent, Instagram...) a transformé l'aventure et même l'exploit en une marchandise banale et courante. 


De même l'expérience est devenue aujourd'hui un « futur récit » au point que si elle ne devient pas récit, on doute qu'elle ait seulement existé : "si ce n'est pas sur Strava, ça n'existe pas !".


À force de tout afficher, on a dilué la rareté.


Une autre couche s'y superpose désormais.


Nous entrons dans un monde saturé de productions artificielles. 


Photos, vidéos, récits, voix, performances : tout peut être généré par l'IA.


Le visible et le racontable s'effondrent comme preuves d'authenticité.


Ce qui se publie ne prouve plus rien.


Ne reste plus alors que ce qui ne peut pas être simulé. 


Le corps dans un effort de quarante heures dans la forêt du Tennessee


Un doute qu'aucun capteur n'enregistre. Un geste sans témoin, sans trace, sans valorisation possible.


La Golden Globe Race et l’Ocean Globe Race l'avaient pressenti dans la voile : recréer l'opacité, c'est restaurer la matière même de l'expérience et de l'aventure, la vraie : celle qui fait rêver - .


Pour Laz, cette radicalité est un luxe : celui de l'absence, de la discrétion, de la trace qui ne se monnaye pas.


C'est aussi, peut-être, l'avant-garde d'une économie qui s'annonce


Demain, la valeur ne logera plus dans ce qu'on produit ou ce qu'on montre, mais dans ce qui résiste à la reproduction.


L'authentique deviendra ce que l'IA ne pourra pas refaire.


Au sein du PSL® nous en sommes convaincus depuis longtemps et ne cessons de le répéter depuis de nombreuses années, : ce qui a de la valeur, c'est à dire qui vaut la peine qu'on y met, c'est ce qui n'est pas numérisable.


Le sport vaut la peine qu'on y met, car il est l'un des territoires d'une expérience humaine authentique. 


Dans ces temps de crises multiples et particulièrement de crise du sens, c'est un point d'appui solide.