"Les gens sont devenus égoïstes, ils ne veulent plus s'engager, ils cherchent le confort."
Phrase entendue dans une discussion de dirigeants de fédérations sportives.
Ce qui s'est passé est probablement beaucoup plus radical mais également beaucoup plus positif !
L'autonomie n'est pas de l'individualisme, c'est la revendication d'une maturité.
Le pratiquant contemporain sait ce qui est bon pour lui.
Il a accès à toute la littérature, à tous les tutos, à tous les coachs du monde en permanence. Il n'a plus besoin d'un intermédiaire pour lui dire comment s'entraîner.
Il demande qu'on le traite en adulte.
La flexibilité n'est pas de la versatilité, c'est l'adaptation à une vie réellement complexe.
Les gens ne sont pas volages. Ils ont des enfants, des parents vieillissants, des charges mentales, des carrières non linéaires, du télétravail changeant, des déménagements.
Un engagement annuel fixe avec horaires imposés n'est pas un signe de sérieux, c'est un anachronisme.
La santé globale n'est pas du narcissisme, c'est une réponse lucide à l'épidémie de mal-être, de burn-out, de solitude, de troubles mentaux.
Les gens ne pratiquent pas le sport que pour être beaux sur Instagram.
Ils pratiquent aussi parce qu'ils ont compris, souvent à leurs dépens, que sans cette pratique ils ne tiennent pas la pression de notre société.
Le sport est devenu une stratégie de survie psychique dans un monde qui nous use.
Les fédérations ne sont pas en crise face à un monde qui a changé.
Elles sont en crise parce qu'elles n'ont pas remarqué que le monde avait changé.
Et elles ne l'ont pas remarqué parce que leur système de perception, construit sur les données de licences, les résultats de compétition et les remontées de la pyramide, ne capte plus les signaux qui comptent.
On ne peut pas résoudre un problème qu'on n'a pas vu.
Et on ne voit pas ce qu'on n'a pas appris à regarder.
Les fédérations n'ont pas besoin d'un nouveau plan stratégique !
Eles ont besoin d'apprendre à regarder autrement ce qui se passe sous leurs yeux depuis dix ans.
